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Amour & Couple

Tout savoir sur la dépendance affective

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Dans une certaine mesure, on est tous un peu dépendants de ceux qu’on aime. On a envie de passer beaucoup de temps avec eux, on souhaite leur plaire et en être aimés… Mais ces sentiments peuvent devenir extrêmes et prendre la forme d’une dépendance affective, qui peut avoir de réelles conséquences néfastes pour l’individu, son couple et son entourage.
 

Comment définir et reconnaître la dépendance affective ? Comment en distinguer les causes et les conséquences et en comprendre le cadre ? Pour en savoir plus, nous avons eu la chance de bénéficier du regard expert de Marie-Ange Boisramé, coach et facilitatrice.

C’est quoi la dépendance affective ?

Quand on entend le terme « dépendance », on peut avoir tendance à penser à :

  • La dépendance, dans le sens de l’assujettissement au tabac ou à la drogue dont on ne parvient pas à se libérer. 
     
  • La perte d’indépendance, dans différents domaines, par exemple les finances.

Mais comment définir la dépendance affective ? Marie-Ange Boisramé explique qu’on peut la considérer comme l’antonyme de l’autonomie affective. Elle précise que, dans une certaine mesure, on vit tous une forme de dépendance affective quand on entre dans une nouvelle relation, qu’elle soit amoureuse, amicale ou professionnelle : « on a cette première phase qui est un peu une phase de dépendance, d’observation, de symbiose, d’écoute. On dépend de ce nouvel environnement pour savoir comment agir, être pleinement soi et gagner en autonomie. Et donc c’est une étape importante mais qui, si elle dure trop longtemps dans le temps, devient négative voire toxique ».

On peut donc voir la dépendance affective comme le fait d’être, exister, s’aimer, s’épanouir, se révéler à travers l’autre, dans le regard de l’autre…  Cela apporte un sentiment de sécurité, de protection mais, à terme, cela nuit à notre individualité. Marie-Ange Boisramé le formule ainsi : « On peut en oublier d’exister par soi-même, s’oublier ». Car on reporte nos choix, la satisfaction de nos besoins, nos responsabilités… sur l’autre. 

Comment distinguer l’amour et la dépendance affective ?

Quand on est amoureux, surtout au début de la relation, on aimerait passer chaque instant avec notre partenaire. Pour autant, cela ne fait pas de nous quelqu’un de dépendant affectif, car on bénéficie toujours de notre autonomie propre :

  • On prend toujours plaisir à faire des choses pour soi (sport, activités artistiques, sorties…),
     
  • On prend du temps individuel avec ses proches (familles, amis, collègues),
     
  • On peut être brièvement séparé de son conjoint sans que cela soit un drame,
     
  • On a confiance en sa relation et on n’a pas peur d’être abandonné au moindre pépin…
     

Lorsque ces différents éléments ne sont plus applicables et qu’on a l’impression de vivre pour et par l’autre, on peut alors commencer à se demander si on ne souffre pas d’une dépendance affective. Il est parfois difficile de distinguer la frontière entre l’amour et la dépendance affective, surtout quand on vit un tourbillon de passion. La prise de conscience est une étape essentielle pour ensuite partir à la recherche de soi-même et de son autonomie. 

Reconnaître les signes, comme une insatisfaction importante ou une incapacité totale à prendre une décision, peut alors participer à cet éveil. 

La dépendance affective ne concerne-t-elle que le couple ?

Non, la dépendance affective ne se limite pas seulement aux relations amoureuses. Cela peut aussi concerner d’autres liens personnels, comme les amis ou les enfants. Peu importe la personne autour de laquelle la dépendance se construit, cela va nuire à :

  • La personne touchée, dans son rapport à son individualité, son estime de soi,
     
  • Son entourage, avec un risque de dégradation de la qualité des relations,
     
  • La cible de la dépendance affective car la relation est surtout égocentrée, l’autre se charge de nous « nourrir », de combler nos besoins, à notre place.

Marie-Ange Boisramé précise en effet que la dépendance affective n’apparait « pas que dans le contexte de l’amour d’un couple, mais aussi l’amour familial, amical, parental... » Elle illustre cela par l’exemple des mamans qui donnent tout – leur carrière professionnelle, leur temps… – pour leurs enfants, pour les accompagner dans leurs études, leurs activités sportives… 

Lorsqu’ils prennent leur envol, les mamans qui s’accomplissaient dans leur rôle se sentent seules et en manque, démunies. C’est aussi une forme de dépendance affective, indique Marie-Ange Boisramé : « On n’est pas dans la pleine existence de soi, il y a une forme de sacrifice, de don de soi, avec une bonne intention parce qu’il y a un enjeu chez l’autre qui nous parait plus grand, il y a l’envie que l’autre soit bien. On a cette fausse sensation qu’on s’épanouit, qu’on se révèle, qu’on existe par ce biais. »

Quelles peuvent être les causes de la dépendance affective ?

Marie-Ange Boisramé explique que « si on est dans cette posture de dépendance affective, c’est que quelque chose s’est inscrit en nous de longue date, dans le rôle des parents, de l’école, de l’entourage. Ce sont des autoroutes en nous qui nous amènent à agir et à être dans cette dépendance affective ». Il semble qu’elle apparaisse plus fréquemment chez des personnes vulnérables sur le plan affectif : 

  • Suite à une carence affective de la part des parents,
     
  • Des maltraitances durant l’enfance,
     
  • Un abandon (parents, fratrie, conjoint…),
     
  • Une relation de couple ayant fragilisé la personne (infidélité, rupture difficile, violences conjugales…),
     
  • Une hypersensibilité ou un important manque de confiance en soi…

 

Cette fragilité émotionnelle peut mener à un besoin criant d’être aimé, reconnu, apprécié, de plaire, d’être légitimé par une autre personne. Cette personne peut être quelqu’un qui ne tentera pas de profiter de la situation mais le risque est d’être la cible d’un individu toxique qui tirera profit de cette vulnérabilité. Car, comme l’explique Marie-Ange Boisramé, « il y a des relations qui se créent dans le cadre d’une dépendance affective où la personne peut se retrouver avec des personnes qui prennent trop d’espace, volontairement non, sont persécutrices, manipulatrices. Même si les propos sont maltraitants, dénigrants, dévalorisants, le fait d’occuper une place au sein de la relation, même par ces propos, amène de la reconnaissance. Cela peut aller assez loin quand on ne sait pas se donner de l’amour, s’apprécier, se reconnaître soi-même ».

Le mot de la fin de Marie-Ange Boisramé

La dépendance affective est donc à prendre très au sérieux car elle peut avoir de graves conséquences, allant d’une perte d’identité à de l’anxiété sévère. Cependant, il est possible de s’en sortir, de réapprendre à avoir confiance en soi, à vivre des relations saines et à s’épanouir. « Le moyen de s’en émanciper, c’est d’en prendre conscience et, en conscience, d’aller vers un autrement qui se connecte à soi. Partir à la découverte de ce qu’on est car on n’est pas qu’un dépendant affectif. On doit se libérer des rôles, pouvoirs et autorités qu’on donne aux autres », explique Marie-Ange Boisramé. 

Ce processus n’est pas toujours évident et un accompagnement est parfois la clé pour commencer un nouvel épisode de sa vie. 

Plus de conseils sur le couple dans ces articles : 

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