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Témoignage : “J’ai été victime de violences économiques dans mon couple”

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Souvent tue ou minimisé, la violence économique touche pourtant une femme belge sur 7 au cours de sa vie. Une brutalité domestique pouvant avoir plusieurs visages, et dont Caroline a été victime dans son premier mariage.  

Les violences conjugales est un véritable fléau qui touche, aujourd’hui encore, 35% des femmes en Europe, soit une femme sur trois. Des femmes de tous les milieux confondus qui vivent parfois des sévices dits économiques, à savoir des violences touchant leur intégrité financière. Des violences difficiles à identifier, tant les comportements économiquement malsains sont inscrits dans notre éducation et nos croyances. Mais selon le bureau d’actions sociales Wallonie-Bruxelles, une femme belge sur sept serait victime des violences conjugales à caractère économique.  

Violences économiques: portrait chinois 

Longtemps considérées comme secondaires, on sait aujourd’hui que les violences économiques sont l’une des premières manifestations de la violence au sein d’un couple, qui se traduit par le contrôle financier pouvant aller jusqu’à la perte quasi-totale d’autonomie. 

Voici comme identifier la violence dite économique:  

  • L’impossibilité pour la femme de jouir de son propre argent: pouvant aller jusqu’à la privation totale d’argent (même pour acheter des biens de première nécessité) ou par le fait de donner des enveloppes à «respecter» pour les achats personnels et/ du foyer. 
     
  • Le contrôle des biens et des achats de la part du/de la partenaire: la femme doit demander l’autorisation pour acheter quelque chose, prendre un rendez-vous médical pour elle ou les enfants, ou encore aller chez le coiffeur. 
     
  • Une main mise sur les comptes bancaires de la femme: voire l’interdiction pour elle d’avoir une carte bancaire, ou même d’ouvrir un compte. 
     
  • La perception du salaire à la place de la partenaire: mais aussi des allocations familiales, budget prévu pour prendre soin des enfants du foyer.  
     
  • L’interdiction de travailler: ou la manipulation afin que la femme n’ait pas son indépendance professionnelle et/ou financière. 
     
  • L’ouverture de comptes ou de crédit à la place de la partenaire:  allant même parfois jusqu’à l’usurpation d’identité dans le but de lui voler de l’argent ou de faire des dépenses - crédits, etc - en son nom.  
     
  • Les reproches faits par rapport aux dépenses: y compris pour le foyer. 
     
  • L’impossibilité pour la femme d’avoir accès aux finances du ménage: ou à son patrimoine (même familial), qui se voit alors gérer en totalité par son/sa partenaire.

Mais la violence économique, c’est aussi…  

  • L’abandon financier de la famille: y compris le non-paiement de la pension alimentaire.

« Comme une femme belge sur 7, j’ai été victime de violences économiques » 

Caroline - prénom d’emprunt - a 48 ans. En couple pendant près de 20 ans, elle a subi des violences économiques : «J’avais pile 20 ans quand j’ai rencontré celui qui deviendra le père de mes enfants: j’avais décroché un stage dans l’entreprise de sa famille, qu’il avait lui aussi intégré juste après ses études. J’ai de suite été impressionnée par son assurance et aussi, il faut bien l’avouer, la manière dont il avait de prendre les choses en main. En deux ans, nous vivions ensemble et étions mariés».  

Des premières années de mariage douces, mais pendant lesquelles se tissaient déjà la toile de la violence économique, sans que la désormais divorcée ne se rende compte de rien: «Vers la fin de mes études – soit un an après mon stage – nous avons emménagé ensemble, et il m’a proposé de travailler à temps plein pour l’entreprise familiale. Il m’avait déjà demandé en mariage et c’était de coutume chez eux que les épouses travaillent avec leur mari. Comme j’étais très jeune, je n’avais pas de compte en banque… Mais il m’a dit que je n’en avais pas besoin, qu’il verserait mon salaire sur son compte et me donnerait une carte. Naïve comme j’étais, j’ai accepté… Après tout, il était mon conjoint. c’est vraiment là que tout a commencé».   

« Je travaillais, et il empochait mon salaire ».  

«Pendant près de 20 ans, j’ai travaillé sans jamais empocher mon salaire. Je n’ai jamais eu de carte bancaire propre, et il me faisait chaque mois des enveloppes pour les dépenses: une enveloppe pour les courses, une enveloppe pour les frais de santé, pour les vêtements, etc. Il me disait que cela nous permettait d’avoir un budget clair et de pouvoir mettre de côté pour nous. Sur le coup, j’ai trouvé ça prévoyant… Mais cela s’est vite transformé en enfer», nous confie la quadragénaire. 

Année après année, le montant des enveloppes stagne ou, pire encore, diminue, alors que la famille s’agrandit. Après avoir accueilli deux enfants, Caroline peine à joindre les deux bouts. «C’était de plus en plus compliqué de gérer le quotidien avec les enveloppes. J’ai donc demandé une carte de banque ou un budget plus important, mais il noyait le poisson à chaque fois: on était trop juste, on avait beaucoup de frais… Mon seul plaisir étant d’aller chez le coiffeur tous les mois, je demandais un budget supplémentaire, et mon ex-mari passait son temps à râler et me reprocher cette demande jugée accessoire».   

Deux vies totalement différentes…  

Alors que Caroline se serre constamment la ceinture pour faire fonctionner son foyer, son mari semble mener la grande vie: restaurants, shopping régulier… 

Chose que la jeune femme prend assez mal. «Quand je me rebellais un peu trop, il m’emmenait quelques fois au restaurant, m’achetait un cadeau ou m’octroyait un budget shopping… et ça a marché tout un temps. Mais un jour, ça n’a plus suffit… Je voyais mes amies vivre leur vie, évoluer dans leur travail, s’octroyer des plaisirs… Et moi je n’avais accès à rien. À 37 ans, je n’ai plus supporté la situation: j’ai ouvert un compte en banque et demandé que mon salaire soit versé dessus. Le père de mes enfants a littéralement pété un plomb et d’autres violences, plus physiques, ont commencées». 

Deux ans et demi de conflits plus tard, Caroline met un terme à cette relation.  

« La maison et la voiture lui appartenaient totalement… Mon nom n’était nulle part dans le patrimoine familial » 

«J’ai dû tout quitter: mon emploi, que j’avais pour ainsi dire fait gratuitement vu que je n’avais jamais perçu moi-même mon salaire, ma maison, qui ne m’appartenait pas… même la voiture j’ai dû lui laisser, puisque tout était à son nom», nous explique Caroline. «Les débuts ont été vraiment durs: se retrouver sans un sou à 40 ans, sans emploi et devoir tout reprendre de zéro a été si violent. Souvent je m’en suis voulue d’avoir été si bête… Mais je sais aujourd’hui que ce n’est pas de ma faute. Que j’ai été victime de violences conjugales». Des violences dont la quadra est désormais sortie totalement.  

Que faire si vous êtes victime, comme Caroline, de violences économiques ?  

  • En parler: à l’entourage, au travail, à votre médecin traitant ou toute personne bienveillante pouvant vous venir en aide.  
     
  • Contacter une association de lutte contre les violences faites aux femmes de votre région: ou appeler le 0800/30.030, une ligne d’écoute et d’aide contre les violences familiales.  
     
  • Quitter votre partenaire: et entamer des démarches afin de vous mettre en sécurité financière (ouvrir un dossier au CPAS, un compte en banque, etc).

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