chevronRetour aux articles
Famille
Bien-être

Lever le tabou autour du burn out parental

Copl
[object Object]

Selon des statistiques, le burn out parental concernerait actuellement 5 à 8% des parents en Belgique, soit près de 200 000 personnes. Les mères seraient les plus touchées puisqu’elles représenteraient les deux tiers des cas connus. Ces chiffres interpellants nous ont encouragés à nous pencher sur le sujet.  

Pour ce faire, nous avons interviewé Amélie De Henau, coach ACC & éternelle enthousiaste et accompagnatrice lors d’ateliers consacrés au burn out parental. Grâce à son expérience et à sa formation menée auprès de deux psychologues, Isabelle Roskam et Moïra Mikolajczak, nous avons questionné le complexe métier de parent et les difficultés qui y sont liées. 

La parentalité, un vrai challenge  

Comme le raconte Amélie De Henau, on imagine rarement l’annonce de la naissance d’un enfant autrement que par l’expression d’une joie intense. Cependant, les aspects challengeants de la parentalité sont généralement tus. On en parle comme d’une belle aventure, en laissant de côté les histoires de parents dépassés, stressés, qui baissent les bras ou qui craquent. À force d’entendre qu’être parent, « ce n’est que du bonheur », les futurs parents sont-ils suffisamment conscients de la réalité de la parentalité ? 

Le burn out parental, c’est quoi ? 

« Burn out », en anglais, signifie se consumer, brûler de l’intérieur. Ce concept, adopté de l’industrie aérospatiale à la fin des années 60, implique un épuisement total des ressources d’un individu. Les premières recherches, aux États-Unis, concernent les travailleurs et, notamment, le personnel soignant. Sont observés différents symptômes, tels qu’un épuisement physique et émotionnel, une distanciation des clients ou des patients, ainsi qu’une perte d’efficacité, aux dépens de l’épanouissement personnel.  

Mais comment faire le lien entre le burn out professionnel et le burn out parental (BOP) ? « Tout simplement en considérant qu’être parent est un job à temps plein, duquel on ne peut jamais démissionner » explique Amélie De Henau. 

Comment se caractérise le BOP ? La coach met en avant 4 facettes qui ont été observées à la suite d’études menées par Isabelle Roskam et Moïra Mikolajczak : 

  • Un épuisement physique et émotionnel (la simple pensée de devoir s’occuper de ses enfants est déjà énergivore),  
     
  • La distanciation émotionnelle et affective des enfants, qui apparait comme un mécanisme de défense. Le parent continue malgré tout à assurer les repas, les navettes... 
     
  • Le sentiment de saturation et la perte de plaisir : le père ou la mère ne ressent plus aucun épanouissement à être parent et a l’impression de ne pas être un bon parent.   
     
  • Le contraste avec l’image du parent qu’il a été ou qu’il a rêvé d’être.

 

Les symptômes peuvent être divers et avoir des conséquences sur le parent, son couple et sa famille :  

  • Irritabilité,
  • Troubles du sommeil,
  • Sentiment de culpabilité,
  • Problèmes de santé physique,
  • Dépendances, par exemple à l’alcool,
  • Négligence et violence verbale ou physique,
  • Idées suicidaires et urgence de fuir…

 

Si certains symptômes du BOP peuvent faire penser à la dépression, ceux-ci se distinguent néanmoins. Le premier appartient à la famille des troubles liés au stress, tandis que le second est un trouble de l’humeur qui implique la disparition de l’intérêt et du plaisir liés à toutes les activités. Le parent en situation de BOP, quant à lui, peut parvenir à profiter d’un moment détaché du contexte de son épuisement (par exemple, un week-end avec des amis). 

Comment survient le burn out parental ? 

On imagine souvent que le burn out apparait du jour au lendemain. Cependant, « il s’agit plutôt d’un processus qui part d’un terreau fertile au burn out parental, par exemple quand un parent se met énormément de pression, se surinvestit, se sacrifie lui-même pour atteindre ses idéaux parentaux. Il ne prend pas garde aux signes avant-coureurs car il se nourrit du fait que sa présence est indispensable à ses enfants. », souligne Amélie De Henau. Malheureusement, un grain de sable peut créer un contexte de frustration et déclencher l’engrenage de l’épuisement. 

Certains facteurs de risque ont été identifiés et c’est leur accumulation qui est généralement en cause :  

  • Des éléments sociodémographiques comme le nombre d’enfants, 
     
  • Situationnels comme un handicap ou des difficultés d’apprentissage chez l’enfant, 
     
  • Personnels (gestion du stress difficile, faible confiance en soi),  
     
  • Éducatifs
     
  • Familiaux (co-parentalité, organisation familiale).

 

Comment sortir du burn out parental ? 

La première chose à faire est d’exprimer ouvertement sa souffrance. « Qui oserait dire qu’il n’en peut plus de ses enfants et qu’il a envie de fuir au bout du monde ? Le burn out parental est une maladie de la honte. Il est donc essentiel de la normaliser », explique Amélie De Henau. 

Ensuite, l’invitation est de restaurer un équilibre entre les stresseurs et les ressources disponibles. On peut apprendre à identifier un stress prolongé et à le réduire mais aussi à renforcer et accéder à des ressources qui semblent inaccessibles. N’hésitez pas à contacter Amélie De Henau pour davantage d’informations à ce sujet.  

Plus de conseils sur le couple dans ces articles :  

Envie de parler à notre personne de confiance, de découvrir les experts Copl ou de ne rien manquer de notre actualité ? N’hésitez pas à vous inscrire à notre plateforme et/ou à notre newsletter. 

Vous avez une question spécifique à ce sujet ?

Posez-la nous gratuitement et nous reviendrons vers vous avec une réponse au plus vite. 

Vous avez une question spécifique à ce sujet ?
Recevez directement nos meilleurs conseils dans votre boite mail
preload
Une question vous démange ? Contactez-nous en envoyant votre question sur ✉️ conseil@copl.be