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Comment se déroule une médiation familiale ?

Evelyne Fournier-Meissirel
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La médiation est un processus structuré de concertation volontaire entre personnes, entre lesquelles il existe un différend. Le médiateur, personne neutre, indépendante et impartiale, crée les conditions nécessaires pour (r)établir et faciliter la communication et conduit les personnes à redéfinir leurs relations, en les aidant à trouver elles-mêmes une ou plusieurs solutions respectueuses de l’ « écosystème » de chacun. 

Avec mes collègues du Centre international de médiation et de formation OMA, nous nous engageons à respecter certaines règles fondamentales : la neutralité et l’écoute bienveillante, l’absence de jugement, l’ouverture d’un espace de parole volontaire.. Le médiateur n’est pas un arbitre, un négociateur, un conciliateur ou un thérapeute.

Concrètement, un premier contact téléphonique avec le.la.les médiateur.rice.s est pris. La demande est analysée, cela permet de savoir si le processus de médiation est adapté. Si la médiation est bien préconisée, les personnes prennent rendez-vous. 

Elles arrivent le plus souvent chez le.la médiateur.rice séparément, l’une et l’autre tendus, avec parfois une expression de désespoir, de réserve ou de colère contenue, prêtes souvent à défendre « bec et ongle » leur position. Le couple se retrouve dans la salle d’attente et le.la médiateur.rice, ponctuel.le, les accueille et tente de créer un climat propice aux échanges ultérieurs. 

Il.elle leur précise qu’il.elle n’est pas là pour dire qui a tort ou raison car chacun a sa vérité. Il.elle n’est pas là pour les juger ni décider à leur place. Il.elle est là pour qu’elles puissent créer un « pont et pas seulement les aider à franchir le gué. Concrètement, c’est avec une grande aptitude à communiquer et à comprendre les personnalités, avec ses compétences juridiques et avec beaucoup d’humilité et de rigueur qu’il.elle va les accompagner à construire leur future relation ou, à tout le moins, gérer leur séparation de manière juste et équitable. Il s’agit d’un travail d’équipe entre le.la médiateur.rice et les personnes, chacun dispose de ses propres compétences. 

Le médiat.eur.rice informera le couple, avant la première séance ou dès la première séance, des règles du jeu, à savoir : le caractère volontaire du processus, la bonne foi, indispensable, le respect de la confidentialité dans les échanges, les règles de communication qui se doivent respectueuses envers chacun, le coût de la séance et éventuellement, l’information relative à la suspension des procédures judiciaires en cours. 

Il.elle leur remettra un protocole de médiation (entrée en médiation) qui résume ces règles, règles d’ailleurs consacrées par les lois des 21 février 2005 et 18 juin 2018 qu’elles seront invitées à signer. 

Les premiers moments sont consacrés à l’expression de leur problème et leur ressenti. Une foule d’émotions peut jaillir et il faut veiller à l’équilibre des échanges, par exemple dans le temps de parole et le respect de l’autre. 

C’est au médiat.eur.rice de faciliter le délicat commencement des échanges. Les informations nécessaires seront collectées et les points de vue de chacun clarifiés. Les points d’accord seront mis en évidence et les réels points de désaccord seront décryptés le plus possible. Aidé de sa qualité de tiers neutre, le médiat.eur.ice aura créé un climat de confiance propice aux discussions. 

Après avoir dressé l’inventaire des questions à régler, les personnes rechercheront et ébaucheront avec les meilleures solutions possibles aux différends qui les opposent. Une phase de négociation dite « intégrative » intervient dès lors. 

 

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Après avoir vérifié les implications juridiques, fiscales et financières personnelles des décisions respectives, l’accord est rédigé par le/la médiateur/rice ou par les conseils présents dans le dispositif. Cet accord doit être murement réfléchi pour qu’il soit durable et respecté à la lettre par chacun. Ce sera l’aboutissement du processus et l’occasion d’un nouveau chemin pour chacun. 

Au terme de la médiation, les personnes elles-mêmes ou leurs conseils peuvent faire homologuer par un Tribunal l’accord intervenu. Cela signifie que le juge prend acte du contenu de l’accord de médiation et le reprend dans un jugement. 

En pratique ? 

Les séances de médiation familiale durent entre 1h et 1h30 et se tiennent tous les 8 à 15 jours. Cela permet entre autres aux personnes de rassembler les informations utiles à la poursuite du travail. Les conseils, si sollicités au préalable, peuvent être présents pour rassurer les personnes. La plupart du temps, les séances se font hors de leur présence même s’ils peuvent être régulièrement informés et remplissent un précieux rôle, par exemple de dire le droit. 
 

D’autres conflits de nature ethnique, familiale (enlèvements d’enfants, adoption…) demanderont la mise en place d’un dispositif plus complexe (par exemple séances de médiation sur trois jours) en raison de la barrière linguistique, des distances ou encore du temps. Tous les outils de communication et de visioconférence seront de précieux alliés notamment aussi parfois en raison de conditions sanitaires particulières (Covid-19) avec une impossibilité de voyager. 
 

Les honoraires du/de la médiateur.rice sont généralement partagés de façon égale entre les personnes et sont exemptés de la TVA. Certaines assurances « défense en justice » en lien avec la RC familiale couvrent ce type d’intervention. Une demande d’assistance judiciaire pour recourir à un/e médiateur.rice familial.e peut être demandée auprès du greffe du tribunal, sous réserve de conditions de ressources et en dehors de toute procédure. 

Conclusion 

Vivre en humanité repose sur une qualité de relation : avec ceux qui nous sont proches mais aussi avec ceux qui nous sont « étrangers ». C’est un immense désir de vivre qui, à travers nos valeurs communes, nous réunit ! 
La médiation, même si elle a des effets thérapeutiques, n’est pas une thérapie. Elle implique les membres de la famille concernés dans le but régler entre eux l’aspect relationnel et la recherche de solutions concrètes à leurs problèmes. 

Le recours à la médiation peut permettre, grâce à ce/tte tiers médiateur/rice, de transformer des dangers, manifestés par des peurs, en vraies opportunités de changement pour mieux se reconstruire. 
 

Pour en savoir plus, lisez notre article sur la médiation familiale.  
 

Evelyne Fournier-Meissirel 
Médiatrice familiale chez OMA, 
Psychothérapeute et responsable de l’antenne belge de l’EEPA 
Avocate honoraire

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