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Divorce & Séparation

Convention parentale : Round 2

Amanda
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« Malgré l’échec de mon mariage, je suis fière du fait que nous ayons réussi notre divorce ». Cette phrase, je la sortais en boucle, lorsque l’on me demandait comment ça se passait avec mon ex. En dépit des circonstances de notre séparation, nous voulions que tout aille au mieux pour les enfants, pour qu’ils subissent le moins possible ces changements vu leur très jeune âge et les horaires de travail de leur père. 

Nous pensions qu’une convention préparée en quelques semaines via un notaire (ou plutôt son assistante, pas très compétente…) suffirait pour que l’affaire soit vite réglée. « On s’arrangera à l’amiable », disait-on, pour les détails concernant les enfants. « Bien sûr, nous sommes intelligents : nous trouverons toujours une solution ». Le divorce prononcé et la maison vendue, le marathon était terminé. Ça paraissait si simple. 

Mon ex demandait souvent des changements pour la garde des enfants : inversion de jour, d’horaire, une nuit au lieu de deux, tel week-end et pas l’autre, etc. Mais finalement, ce manque de « rigueur » arrangeait tout le monde et les enfants se portaient bien. On riait et papotait lors des transitions. Cela a duré 2 ans. 

Le souci, c’est qu’au moment de notre divorce, j’avais omis un facteur essentiel qu’aucun divorcé ne doit oublier : souvent, chacun refera sa vie, un jour ou l’autre. La fameuse « coparentalité », terme qui m’était encore inconnu, commence à 2 personnes. Elle se fait ensuite à 3, puis à 4 personnes. Et ça change tout !

Quand il m’a présenté Marie, je voulais y voir une bonne nouvelle. Après tout, j’avais, moi aussi, retrouvé l’amour. Pourquoi pas lui, pour que nous soyons tous les deux épanouis, à nouveau en couple ? Malheureusement, ce fut le début d’une longue série d’années noires. 

La guerre a vite été déclarée et la spirale infernale du conflit s’est emballée en quelques mois. Marie allait inspirer à mon ex de nombreuses idées fausses, notamment le fait que j’avais écrit la convention seule, sans demander son avis, et que je cherchais à lui retirer les enfants.

Il a voulu tout revoir : l’hébergement, les vacances, l’argent, le domicile, etc. En l’espace d’un an, nous étions passés de l’entente entre ex-conjoints restés amis à une situation où nous étions devenus deux ennemis qui ne communiquaient plus que par avocats interposés. Nos enfants n’osaient plus parler de papa à maman et vice-versa. Ils en ont souffert. 

Un piètre exemple pour eux. Aujourd’hui encore je sais qu’ils méritaient mieux que ça. Je pourrais, bien sûr, écrire une saga de 3 romans fantastiques sur la manière dont sa nouvelle copine, ensuite devenue son épouse, l’avait changé, retourné comme une crêpe. Mais ce n’est pas le but de mon témoignage.

Voici quelques conseils que je peux partager à travers mon expérience pour vous aider à éviter ce genre de situation et vous assurer que les enfants ne sont pas pris en otages, au milieu de ce tourbillon.

  • Consacrez du temps à votre convention parentale : prenez le temps de discuter de chaque aspect de votre convention parentale entre vous. Vous recevrez un « modèle » à signer et à adapter, mais soyez sûr de bien vous mettre d’accord sur chaque point.
     
  • Retenez que vos enfants grandissent. Un arrangement pour des enfants en bas âge ne conviendra plus une fois qu’ils seront ados. Consignez tout, que ce soit l’évolution logistique ou financière, au fur et à mesure que leurs besoins changent.
     
  • Faites-vous aider par un ou plusieurs professionnels : un avocat aguerri, un médiateur, ou même chacun par son avocat. Ces experts ont l’expérience d’autres couples qui sont passés par là et pourront vous conseiller.
     
  • Écoutez les conseils de parents qui ont vécu les choses « en vrai » et qui ont utilisé une convention, car la théorie ne colle pas toujours exactement à la réalité.
     
  • Gardez à l’esprit que même si vous vous entendez bien au moment du divorce et espérez que ça dure, vous devrez élever vos enfants jusqu’à ce qu’ils soient indépendants. Beaucoup de choses peuvent se passer dans le futur. Vous pouvez, un jour, arriver à un stade où vous ne vous entendez plus et même où vous ne vous parlez plus (temporairement ou indéfiniment).
     
  • La convention doit être la plus détaillée possible : elle doit prévoir chaque aspect de l’hébergement (s’ils tombent malades ? Et les journées pédagogiques ?), des vacances (limites de pays à visiter, sous quelles conditions), etc. Le Tribunal qui doit homologuer l’accord vérifie qu’un certain nombre de détails y sont repris pour le bien-être des enfants, mais ce n’est pas suffisant. Quand on est en conflit, tout doit être écrit noir sur blanc pour qu’il n’y ait aucun doute sur les règles à suivre.
     
  • Enfin, annexez un plan parental. Ce n’est pas une obligation, car la convention parentale est l’élément à détaillé, mais le plan parental est un peu moins logistique et concerne plus le « comportement ». Il décrit les règles d’une bonne coparentalité. Cela paraît ridicule d’ajouter des phrases telles que « Le conjoint de chaque parent ne dénigrera pas l’autre parent devant les enfants » ou même « Le parent ayant les enfants sera tenu de passer un coup de fil à telle heure, tel jour… », mais lorsqu’on est en guerre et que rien ne va plus, chaque détail compte.
     
  • Soyez clair sur le fait que jusqu’à un certain âge, ce ne sont pas les enfants qui décident de leur sort. Ce serait injustement leur mettre une responsabilité énorme sur leurs épaules. Les décisions sont à prendre entre les deux parents (donc pas de « passe-moi la petite que je lui demande si elle veut plutôt venir chez moi »).
     
  • Dans le plan parental, indiquez comment vous comptez communiquer de manière non verbale : agenda, argent/dépenses, etc. Il faut s’accorder sur beaucoup de choses quand on a des enfants ! Allez-vous utiliser une application ? Un calendrier online ? L’e-mail ? Trouvez un système complet qui vous permet de conserver tous les messages échangés.
     
  • Indiquez à quel âge ou en quelle année vous pouvez revoir telle ou telle décision (ex. le choix des secondaires ou des humanités).
     
  • Prévoyez l’indexation annuelle des montants tels que les contributions alimentaires.
     
  • Enfin, même si vous n’êtes pas obligé par la loi, je recommande vivement de faire homologuer votre convention par le Tribunal de la Famille – en cas de soucis celle-ci sera exécutoire.

Aujourd’hui, mon ex-mari a quitté Marie et tout va mieux depuis. Avons-nous perdu quelques années ? En sortons-nous blessés nous-mêmes, mais surtout nos enfants ? C’est certain et cela restera toujours une blessure pour chacun d’entre nous, j’imagine.

Avons-nous revu notre convention parentale pour rien ? Peut-être pas. Le procédé fut certes pénible, et ça n’aurait pas été mon choix… Mais en fin de compte, tout est désormais mis sur papier et il n’y a plus de « zone grise » qui prête à confusion et ouvre la porte à de potentiels conflits. Et ça, quand on est « coparent », ce n’est pas juste important : c’est essentiel. Clarifiez chaque détail dès le début de votre divorce pour ne pas vivre la même expérience que moi. Vous pourrez vous reconstruire en paix sans rouvrir ce processus douloureux.

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